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 Droit  l’éducation   Pré-primaire: Vers les mêmes chances pour l'Afrique

Pré-primaire: Vers les mêmes chances pour l'Afrique

L’éducation reste inaccessible pour des millions d’enfants africains

En Afrique subsaharienne, quatre enfants en âge d’aller  l’école primaire sur dix n’y vont pas, selon l’Institut de statistique de l’UNESCO dans un Rapport régional sur la région subsaharienne de l’Afrique . Et seule une petite proportion de ceux qui y vont obtiennent un niveau de compétences de base. Il ressort que l’éducation pré-primaire est extrêmement limitée dans la région et ne concerne qu’un enfant sur dix, soit quatre millions d’enfants. La situation varie beaucoup d’un pays  l’autre, 62 % des enfants scolarisés habitant l’Afrique de l’Est ou l’Afrique australe. Les écoles maternelles sont en grande partie privées, s’occupant de plus de 8 enfants scolarisés sur 10.

L’éducation primaire est de toute évidence la priorité pour la plupart des pays d’Afrique subsaharienne, mais l’accès reste un problème essentiel. Seuls 60 % des enfants de la région en âge d’aller en primaire y restent effectivement inscrits et la déperdition scolaire n’est pas chiffrée.

Au Niger, par exemple, seuls 26 % des enfants de cette classe d’âge allaient  l’école, contre 93 %  l’île Maurice. On peut estimer  38 millions le nombre d’enfants d’Afrique subsaharienne en âge d’aller en primaire mais ne fréquentant pas l’école en 1998. Environ 60 % d’entre eux vivent dans les pays d’Afrique centrale ou de l’Ouest.

Il existe un taux de redoublement " relativement élevé " dans la région : en moyenne, 17 % des élèves redoublent une classe. L’enseignement secondaire " demeure peu répandu en Afrique subsaharienne " et on ne dispose pas de données complètes pour tous les pays de la région. Scolarisation tardive et forts taux de redoublement signifient en outre que, dans de nombreux pays, une majorité d’enfants en âge d’aller dans le secondaire sont toujours  l’école primaire. Dans les 21 pays pour lesquels on dispose de chiffres, seuls 19 % en moyenne des jeunes gens de cette classe d’âge sont inscrits dans le secondaire. Dans cinq pays (Burkina Faso, Tchad, Guinée, Mozambique et Niger), ils sont moins de 10 %.

€ l’échelon régional, les garçons sont en outre beaucoup plus nombreux que les filles  être inscrits dans le secondaire. Dans certains pays comme le Bénin, le Tchad, la Guinée-Bissau et le Togo, les garçons sont plus de deux fois plus nombreux que les filles dans les classes du secondaire. Il existe cependant des exceptions  cette règle, comme le Botswana, le Lesotho et la Namibie, où les filles sont majoritaires dans l’enseignement secondaire.

Tous les pays de la région,  l’exception de São Tomé et Principe et des Seychelles, ont au moins une université. L’enseignement supérieur reste cependant " marginal ", avec seulement un million et demi d’inscrits environ (Nigeria exclu, faute de données dans ce domaine). De nombreux étudiants - notamment effectuant des études de recherche de haut niveau - doivent partir étudier  l’étranger faute de programmes adaptés dans leur pays. Dans la région, l’éducation et les sciences humaines et sociales sont les disciplines qui accueillent le plus d’étudiants.

Tous pays confondus, la moyenne est de 40 élèves par enseignant dans la région, mais, une fois encore, la situation varie considérablement d’un pays  l’autre. Au Mozambique, en Ouganda, au Tchad, au Mali et au Congo, elle est de plus de 60 élèves. "Il faut souligner, ajoute le rapport, que des moyennes nationales de 60 élèves ou plus par enseignant signifient en fait qu’il peut y avoir dans les pays des enseignants ayant en charge cent élèves ou plus".

Les enseignants de la région sont généralement peu qualifiés, avec des différences considérables d’un pays  l’autre. Dans les 16 pays ayant fourni des chiffres sur l’éducation pré-primaire, seuls 30 % des maîtres en moyenne ont reçu une quelconque formation. La situation est un peu meilleure dans le primaire, mais de nouveau extrêmement variable. En Guinée équatoriale, 100 % des enseignants du primaire ont reçu un minimum de formation, contre 28 % en Guinée-Bissau. Dans la moitié des 26 pays pour lesquels on dispose de chiffres, 20 % des instituteurs n’ont reçu aucune formation. En maternelle, les femmes représentent 90 % des enseignants, mais seulement 37 % dans le primaire, 31 % dans le secondaire, et 28 % dans le troisième cycle.

Les dépenses totales d’éducation varient de 1 % du PIB en Sierra Léone  plus de 10 % au Zimbabwe (10,1 %) et au Lesotho (13,2 %). L’argent sert essentiellement aux dépenses de fonctionnement - y compris les salaires des enseignants et l’achat de matériel -, et l’enseignement primaire reçoit la part du lion.